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« J'ai fait une hémorragie, mais elle est maintenant contrôlée. »


Le mardi j'avais mon RDV avec mon docteur pour mon suivi de grossesse. Ma pression était vraiment très haute donc il me demande de me rendre à l'hôpital de Gatineau pour faire d'autres tests et s'assurer que je ne fais pas de pré-éclampsie.

Je vais donc chez moi, prendre une douche et on pacte le char car si c'est positif, je vais me faire provoquer.


On arrive vers 16h, prise de signes vitaux, moniteur pour le cœur du bébé et prise de sang. Je suis finalement positive à la pré-éclampsie et le remède c'est d'accoucher ! On va donc me provoquer ce soir !!


Un médecin accoucheur vient nous expliquer les choix et les méthodes. On choisit les pilules orales pour faire dilater mon col et provoquer les contractions. On prend une pilule aux 4 heures, jusqu'à 4 fois. Ma première est à 22h. On nous transfère dans une chambre privée en maternité pour attendre le début mon travail. Je commence tranquillement à avoir quelques contractions.


2e pilule à 2h AM, 3e pilule à 6h AM et je perds les eaux! On m'annonce que je vais être amenée en salle de travail à 11h20 pour commencer l'ocytocine et augmenter les contractions. On est bien excités !!


Finalement à 14h, on nous annonce qu'il y a vraiment beaucoup de naissances et que je vais devoir patienter mais que c'est pour bientôt. Mais là, mes contractions ont arrêté depuis au moins 1h donc on me donne ma dernière pilule et les contractions reprennent. À 21h, une infirmière nous annonce qu'il y a trop de naissances, je ne serai pas provoquée aujourd'hui. Je suis absolument découragée, je suis tannée, mes eaux sont crevées depuis maintenant plus de 12 heures et on ne veut pas me faire de toucher vaginaux pour éviter d'entrée des bactéries. Je n'ai aucune idée si je suis dilaté ou non.


On l'accepte, que veux-tu qu'on fasse ... Alors moi et papa on en profite pour passer une dernière soirée en amoureux, on va s'écouter un film et lui s'en va acheter des grignotines. On va se reposer.


Alors qu'il est à l'extérieur, on vient me chercher pour m'annoncer qu'on me provoque maintenant. On me transfère en salle de travail et papa vient me rejoindre après avoir déménagé nos choses puisque qu'après l'accouchement, on sera dans une chambre double.


Première dose d'ocytocine à 11h, ensuite on augmente aux 30 minutes. C'est excessivement désagréable, je suis "plogué" au moniteur et à des solutés, je ne peux pas vraiment bouger. Je suis confortable sur un ballon mais les moniteurs captent mal, je dois donc souvent m'étendre sur le lit pour s'assurer que bébé va bien. C'est très difficile, des contractions étendues à rien faire.


Mes contractions sont hypers rapprochées et je n'ai que 20 secondes de repos entre chacune d’elles. À 3h du matin, je ne suis plus capable, je veux l'épidurale. L'infirmière me propose de me faire un toucher pour voir où je suis rendue. Et maintenant, après plus de 12h de travail, je ne suis dilaté qu'à 4 cm. Déception et découragement, je veux l'épidural.


L'infirmière me propose d'essayer d'aller dans le bain. J'accepte en me disant que ça ne peut pas nuire. Après 30 minutes dans le bain, je suis tannée et je veux sortir. En sortant, les contractions étaient amplifiées et là je voulais vraiment l'épidural.


Je reçois l'épidural vers 5h du matin et après je somnole jusqu'à 8h environ. Un médecin résidant et son étudiante viennent me demander s’ils peuvent me faire des touchers vaginaux et j'accepte. Ils me disent qu’ils ont l'impression que je suis dilatée à 10 cm et que bébé a descendu. Mon médecin le confirme, mais puisque je ne ressens pas les contractions, on décide d'attendre maximum 2 heures avant de commencer les poussées.


Arrivé le temps de pousser, il est 11h. Papa surveille le moniteur et m'avertit quand je dois pousser, il compte pour moi. Après 1h30 de poussée, je n'ai plus de contractions. 40 minutes passent et toujours rien. On demande alors qu'un gynécologue vienne examiner la situation. En attendant son arrivée, on discute avec l'infirmière et c'est clair que je vais avoir une césarienne. On se fait à l'idée, je pleure un peu mais j'ai hâte qu'elle soit là.


5 minutes avant que la gynécologue entre, les contractions reprennent! Alors je pousse, de toutes mes forces. La gynécologue analyse la situation et me propose les forceps ou une césarienne. On a plus de temps, elle a peur que mon utérus soit trop fatigué pour se contracter comme il faut. Je capote, pas dans le bon sens du terme... Je pensais avoir bien avancé et les deux choix me fond très peur. J'accepte les forceps à contre cœur et je panique. Pendant qu'on prépare la salle, j'ai quelques contractions et je pousse tellement fort pour sortir bébé et éviter les forceps. Ça ne fonctionne pas et on doit les utiliser. On les installe et en deux poussées, bébé est sur mon ventre !


Moi et papa on est ému, content, on pleure de joie. Mais ça ne dure pas.


8 personnes entrent dans la salle, et pendant que le placenta sort, on s'affaire sur moi. On me met un autre accès intraveineux. On m'injecte des choses dans les deux bras. On me fait des piqûres dans les cuisses. On me recout, car j'ai déchiré au 3e degré. Tout ça sans me dire ce qui se passe. Je suis confuse et je demande à tout le monde ce qui se passe et ce qu'on me fait. Personne ne me répond, ils sont trop occupés et concentrés. Ça fait mal, je suis inconfortable, je ne vais pas bien. Bébé est sur moi et pleure mais je ne la veux pas là. Je veux juste que tout ça arrête. Je commence à avoir vraiment mal au cœur. Quelqu'un me pèse sur le ventre pour essayer de contracter mon utérus. Je dis que je vais vomir. Quelqu'un tient un sac devant ma bouche en même temps de me donner des médicaments par intraveineux. Puisque le sac n’est pas bien enligné avec ma bouche je me vomis sur l'épaule. Je pleure et j'ai l'impression d'être délaissée. Papa capote. On finit par m'enlever bébé pour la peser. Papa la suit et revient me voir vite. Je ne fais que pleurer, j'ai mal et je veux seulement que ça finisse.


Après 30-45 minutes on me laisse enfin. J'ai fait une hémorragie, mais elle est maintenant contrôlée. Mais je suis tellement endormi par les médicaments que je ne suis qu'à moitié consciente. Papa s'occupe de bébé et moi je suis dans le lit. Je ne fais que vomir et dormir pour les deux prochaines heures. Je n'ai pas le goût de voir bébé, je veux juste que l'inconfort, la douleur et le malaise s'arrêtent.


Après tout ça, j'avais très peur de ne pas créer de lien avec ma fille. Mais dès que j'ai repris un peu de couleur, ça a été le coup de foudre.


Cela a été un rétablissement très difficile, physiquement et émotionnellement. C'est mon premier bébé et j'ai l'impression que la vie m'a volée une expérience qui aurait pu être merveilleuse. Au contraire, j'en suis traumatisée. Mais bébé est avec nous et en santé.


- Cette maman préfère rester anonyme !


BON À SAVOIR


L’hémorragie post-partum est une situation d’urgence où l’équipe soignante doit travailler en équipe afin de contrôler la perte sanguine le plus rapidement possible. Nous essayons de prodiguer des soins tout en tenant informé la patiente et l’accompagnant de ce qui se passe. En revanche, c’est parfois difficile de faire les deux en même temps. La santé de la mère et du bébé demeure une priorité pour nous.


Je tiens aussi à dire qu’aucune maman et aucun parent ne devraient avoir un moins bon service à cause du taux d’occupation de notre secteur. Le monde de la périnatalité est un milieu où nous tentons de prévoir le personnel en fonction des accouchements en cours et/ou prévus. Cependant, il peut arriver plusieurs parents en même temps et cela est hors de notre contrôle. Nous donnons notre 100% afin d’offrir le meilleur service à tous nos parents.


Nous sommes sincèrement désolés si parfois vous pouvez être trop conscients de notre quart de travail occupé, mais sachez que pour la majorité d’entre nous, nous adorons notre travail et voulons vous offrir tout l’enseignement que nous pouvons vous faire.


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